
20 La Revue de la Médecine Générale n° 374 juin 2020
Une étude récente a révélé que 93 % de 808 patients
atteints d’asthme sévère étaient confrontés à au
moins une comorbidité associée à la prise de corti-
coïdes oraux.
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Les patients traités par corticoïdes oraux présentent
un risque de maladie coronarienne 1.4 fois supé-
rieur, de maladie cérébrovasculaire de 2.7 fois supé-
rieur et d’insuffisance cardiaque 2.14 fois plus élevé.
Le risque de développement de complications sup-
plémentaires est en outre dose-dépendant.
En cas d’exacerbation, il faut en tout cas limiter la
durée de traitement par corticoïdes oraux à 3-5 jours
et ne pas dépasser la dose de 32 mg de méthylpred-
nisolone
e
. Pour des durées si courtes, on peut sans
problème arrêter en une fois la corticothérapie
Le recours fréquent à ces cures ou le passage à une
corticothérapie orale au long cours ne peut s’envisa-
ger que dans des cas extrêmes, de manière transi-
toire et en adressant son patient à un centre de réfé-
rence pour envisager une autre stratégie.
Quelle no uvelle stratégie  
propo ser ?
Les agents biologiques ont un meilleur bénéfice théra-
peutique et un effet majeur d’épargne des corticoïdes
systémiques à la condition d’avoir bien ciblé le patient.
Les anticorps monoclonaux actuellement à notre
disposition sont en effet très efficaces pour certains
phénotypes spécifiques.
D’où l’importance du phénotypage de l’asthme sévère.
Comment p rocéder ?
Dans une première phase, il faut faire la distinction
entre l’asthme de type 2 et l’asthme non de type 2.
L’asthme de type 2 est une forme d’asthme caracté-
risée par une inflammation de type 2 qui peut entrai-
ner une augmentation des exacerbations de l’asthme
et une diminution de la fonction pulmonaire. Les cy-
tokines inflammatoires de type 2 (IL-5, IL-4, IL-13)
sont des contributeurs majeurs à la progression de
l’inflammation. De plus, des biomarqueurs courants
de l’asthme ; éosinophiles, IgE et mesure du NO ex-
halé élevé (FeNO) sont présents.
Différents agents biologiques ciblent les cellules
et les voies qui relient l’inflammation à l’asthme.
Certains biologiques ciblent les éosinophiles et les
IgE tandis que d’autres ciblent les cytokines, en par-
ticulier l’interleukine-4 (IL-4), l’IL-5 et l’IL-13.
e. Medrol
®
L’asthme de type 2 peut être divisé en 2 phéno types :
l’asthme allergique et l’asthme non allergique-
éosinophilique.
Nous discuterons des différentes options de traite-
ment pour les différents types d’asthme de type 2.
L’asthme non de type 2 ou Th2-bas est également un
groupe hétérogène, avec plusieurs phénotypes iden-
tifiés ; comme l’asthme d’apparition tardive, l’asthme
provoqué par l’obésité, les polluants, le tabagisme
et les infections virales ou bactériennes. Les causes
sous-jacentes de l’asthme Th2-bas pourraient être at-
tribuées à plusieurs voies de signalisation cellulaire, y
compris le stress oxydatif, l’inflammation neutrophile
causée par une dérégulation de la voie Th17 et Th1.
L’asthme de type 2 peut être divisé en 2 phéno types :
l’asthme allergique et l’asthme non allergique-
éosinophilique.
L’asthme allergique se caractérise par des antécé-
dents familiaux fréquemment présents, un début pré-
coce (souvent dans l’enfance) et un terrain allergique
évocateur (rhinite allergique, eczéma atopique).
Des tests cutanés et/ou le dosage d’IgE spécifiques
confirmeront une sensibilisation à un ou plusieurs
allergènes courants (acariens, animaux domes-
tiques, pollens, moisissures…).
Il pourra aussi y avoir un certain degré d’élévation
des éosinophiles sanguins.
L’omalizumab
f
trouve son indication entre-autre
dans l’asthme allergique sévère.
Il s’agit d’un anticorps monoclonal dirigé contre les
IgE libres qui prévient l’activation des mastocytes, ba-
sophiles et cellules dendritiques et réduit le nombre
de récepteurs aux IgE. Il s’administre en sous-cutané,
toutes les deux ou quatre semaines en fonction du
poids et des IgE totales dans le sérum. Il est indiqué
en Belgique chez les enfants à partir de 6 ans
Si ces patients souffrant d’asthme allergique sévère
ont également une éosinophilie fortement accrue
dans le sang (plus de 300 granulocytes éosinophiles/
µl), ils peuvent également être traités avec l’un des
anticorps monoclonaux anti-IL-5.
L’asthme éosinophilique non-allergique quant à lui
se développe typiquement plus tard (souvent après
30 ans), sans antécédent familial ni terrain aller-
gique (pertinent) mais on rencontre souvent une
sinusite chronique fréquemment avec polypose et
parfois intolérance à l’aspirine et aux AINS.
L’éosinophilie sanguine est prononcée, supérieure Ã
300/µl et dépasse même régulièrement la barre des
500 avec cependant une forte variabilité.
f. Xolair
®